6. Les questions qui attendent réponses

De quand date réellement le château ?

Les recherches de M. Andrey sont une source très riche d’informations sur ce qui s’est passé aux moments importants de la période médiévale de Bossonnens. Il reste à se faire une opinion certaine quant à l’époque des premières constructions. Selon l’historien Techtermann, “Vers l’an 800, un seigneur nommé Bosson (ou Boson) construisit un château à cet endroit qui prit le nom de Bossonnens”. A la lumière de ce que l’on sait aujourd’hui, cette thèse paraît trop simpliste. Cela ne signifie pas qu’elle soit totalement fausse. Si le patronyme Bosson découle plutôt de Bossonnens que le contraire, la date mérite tout de même un examen plus approfondi et impartial.

Les historiens sont extrêmement prudents lorsqu’il s’agit de traduire en relations cohérentes les découvertes, forcément fragmentaires, portant sur des événements dont ils n’ont pas une connaissance basée sur les actes écrits. Il ne convient pas, pour autant, de nier la vie qui ne s’est jamais arrêtée au prétexte que son déroulement n’est pas inscrit quelque part. Il s’est passé beaucoup de choses. Les témoignages en sont visibles. Si l’explication Techtermann ne peut être retenue dans son entier, la date de l’an 800 demeure intéressante. On avait des indications concernant l’existence d’une citadelle à cette époque. Il y fallait une explication. On a inventé celle du seigneur Boson. On en a de meilleures aujourd’hui.

Beaucoup d’éléments sont en faveur de l’ancienneté des premières constructions: le manque d’unité architecturale, les différentes techniques utilisées, le fait que l’on ait élevé le donjon ailleurs qu’à la pointe nord du rocher, l’endroit qui s’imposait stratégiquement, la succession de suzerains tels que les rois de Lotharingie qui ne se seraient pas contenté de vagues baraquements en bois.

Les travaux en profondeur et les fouilles devraient apporter des réponses. Il y faudra des années. Les recherches sont provisoirement abandonnées au donjon au profit d’éléments plus spectaculaires. Il faudra les reprendre un jour, trouver les souterrains dont l’existence fut attestées par les ouvriers travaillant autrefois à l’extraction des pierres.

A quand la fin des travaux ?

C’est la question que se posent beaucoup de gens, à Bossonnens en particulier. La dixième année d’activité est bien avancée. On aimerait en savoir davantage. L’étendue du site, le nombre des constructions dépendantes, le bourg, la partie est des murailles, la couche d’humus accumulée partout, tout cela nous incite à la prudence dans nos estimations. Il ne faut pas attendre la fin des travaux avant dix ans.

Dans l’intervalle, on pourra célébrer, en 2010, le mille-sept-cent-cinquantième anniversaire de l’institution de Bossonnens, de même que celle des communes contemporaines d’Attalens et de Remaufens et des localités voisines de Granges, Ecoteaux et Maracon, nées du génie des mêmes pères fondateurs!

Joseph Cottet – 2005