5. Quelques faits intéressants

Les habitants du bourg

En consultant les “Grosses de reconnaissance” de 1496 et 1543, rédigées en latin, l’historien a pu établir la liste les habitants aux époques indiquées. Ce furent, pour la rangée de l’ouest, dans la succession des chésals, à partir de la douve: Perrod Bolliex, Roletus Cochard, Johannes Burlet, Nycodus Cuanet, Petrus Papoux, Raymondus Frasserens, Pierre, de la Maison Uldrict, de Granges, Aymonet Coster, Antoine et Pierre Morel, Pierre Girodi, Petrus Cottet, Jehan Rubat, Jacques Grippel, Jehan Nevoz et Jehan Cottet. La rangée de l’est avait à peu près la même longueur et y habitaient: Simon Pictier, Humbert, de la Maison Jullyand, de Granges, Pierre des Eschiens, chapelain, Jehan Trippet, puis la Maison Aubert, de Granges, Rolet Rod, Petrus Frasserens, Jacquème Blanc, Mermet Turlin, Guillaume Frasserens et Nicod Deyrat. Le domicile du médecin Adrien Cottet, cité en 1445, n’est pas indiqué.

Les limites inchangées

Sous le règne de Rodolphe 1er de Bossonnens, Hugues, seigneur de Palézieux, reconnaît les limites qui, du Pont de la Villette, par La Monéaz, jusqu’au coude de la Broye, sont encore celles que nous connaissons entre les cantons de Fribourg et de Vaud.

Le 11 mai 1536, Berne déclare dans un acte reconnaître en partage à Fribourg, la seigneurie de Bossonnens “intégralement et telle qu’auparavant”.

Le voyage de Sainte Adélaïde

Charles-Albert Cingria relate le voyage de l’impératrice d’Allemagne Adélaïde, fille de la Reine Berthe et devenue Sainte Adélaïde dans les canons de l’Eglise, en 999. Partie de Selz, en Alsace, elle avait suivi les anciennes routes de la vallée de la Broye. Puis elle était montée vers Bossonnens, Attalens, avant de rejoindre Vevey et l’Abbaye de Saint-Maurice, l’un des but de son voyage.

S’est-elle arrêtée à Bossonnens? La route avait été longue depuis Payerne où elle avait prié sur la tombe de sa mère. Bossonnens était presque au terme d’une longue montée et la place était une possession de l’Abbaye, à mi chemin de son objectif. On aime à croire qu’elle s’y est reposée, passant la nuit dans une habitation qui existait peut-être déjà.

L’Impératrice poursuivit son chemin, gagna Saint-Maurice, puis Genève par la rive sud du lac, Lausanne et, enfin, Orbe où elle devait rencontrer les seigneurs du Pays de Vaud et rétablir la paix entre eux. Ayant accompli sa tâche, elle s’en retourna à Selz, où elle devait mourir, quelques jours avant Noël.

La destruction de la pointe nord du rocher

L’obligation faite aux communes de fournir le gravier nécessaire à l’entretien des routes cantonales suscita, au sein des autorités de Bossonnens, l’idée de concasser les pierres dégringolant des remparts ainsi que la tête du rocher qui les supportaient. Entreprise à la fin du dix-neuvième siècle, la destruction systématique d’éléments importants du passé de la localité ne prit fin qu’en 1939, lorsque la route reçu son revêtement de bitume.

Entre-temps, le mal était fait et, circonstance aggravante, le sans-gêne de la commune justifia celui des habitants qui prélevèrent, pour la construction des maisons du village, de pleines charretées de beaux moellons de grès exploités jadis à la carrière de Péreyvuaz. Il faut s’accommoder de la situation et se borner à imaginer la muraille, les tourelles, les restes de la maison forte des Alémanes, peut-être et veiller à protéger ce qui reste.

Les armoiries iront à la commune

Lorsque les communes eurent à se choisir leurs armoiries, les gens de Bossonnens en restèrent à celles que leur avaient apportées les La Sarra, leurs derniers seigneurs: “d’argent, à trois pales d’azur, surmontées d’un chef de gueules, chargé de trois étoiles d’or”

Les mêmes armes, de Jeanne de la Sarra, l’épouse d’Adrien de Bubenberg, seigneur de Spiez, avoyer de Berne et vainqueur de Charles le Téméraire à la tête des Suisses à Morat, figurent sur un vitrail en la cathédrale de Berne.

L’héritage d’armoiries prestigieuses pourrait justifier la réhabilitation des vieux murs qui abritèrent jadis les maîtres bienveillants de Bossonnens. Les travaux ont débuté en 1996, grâce à la collaboration d’ouvriers en recherche d’emploi puis en stage de réinsertion. Dès 2003, une entreprise intervient dans le secteur du donjon, qui sera entièrement dégagé et recouvert d’une toiture destinée à en protéger l’intérieur. Puis chaque élément sera dégagé à son tour, systématiquement, jusqu’à retrouver le plan originel de l’ensemble.

6. Les questions qui attendent réponses