Girard II d’Oron-Bossonnens

Basilique de Valère - Sion
Basilique de Valère – Sion.
Photo Julian Mendez – Wikimedia Commons

Le personnage le plus éminent que le Château de Bossonnens ait vu naître est sans doute Girard II d’Oron-Bossonnens.

Girard est le fils aîné d’Amédée Ier d’Oron, Seigneur de Bossonnens et Attalens et le petit-fils de Rodolphe Ier d’Oron, Seigneur d’Oron et Co-seigneur de Vevey. Il vit pendant la période de pleine prospérité du château et du bourg. Comme fils aîné il devrait hériter du château et avec ses 3 frères recevoir d’autres biens familiaux. C’est toutefois son frère Wuillerme V qui sera Seigneur de Bossonnens, sa  mère Jaquête restant propriétaire du château, et un autre frère, Rodolphe IV , Seigneur d’Attalens. Girard a choisi une autre voie. Comme son oncle Girard Ier il s’est engagé dans une carrière ecclésiastique. Il sera chanoine au chapitre de l’Évêché de Lausanne, puis chantre, et plus tard chanoine à Sion et enfin doyen du chapitre de Valère, au service de l’Évêque de Sion. Il fait partie de l’élite intellectuelle, marqué notamment par un passage à la prestigieuse université de Bologne en 1297-98, pour étudier le droit romain (La justice est aussi exercée par le pouvoir ecclésiastique). Il s’y trouve avec Guillaume IV d’Oron, le fils de son cousin Pierre, coseigneur de Vevey. Simultanément à son activité valaisanne il joua un rôle considérable dans le diocèse de Lausanne, comme conseiller de Louis II de Savoie, seigneur de Vaud.

Girard II ne perd pas contact avec son fief natal. Il reste attentif à la vie régionale et hérite de biens importants. En 1335 il fonde une chapelle dédiée à St-Maurice et St-Grégoire à Attalens. St-Théodule, saint patron du Valais, rejoint St-André dans la chapelle du château. Des natifs de Bossonnens trouvent des emplois intéressants sous la protection du prélat.

Le testament de Girard, daté de 1349 témoigne d’un patrimoine important. Le dignitaire, membre influent d’une vaste lignée qui détient de nombreux châteaux et propriétés de la région et qui s’est investi activement dans une période tumultueuse en Valais est qualifié par l’historien Ivan Andrey de « personnage richissime » ! Girard meurt en 1352.

Une part de l’histoire de ce haut personnage se retrouve dans un livre récent qui présente sous forme de roman historique cette période agitée de l’histoire valaisanne, mais aussi romande et européenne.

Au XIVe siècle, Guillaume Perronet, médecin dans la haute vallée du Rhône, connaît un étonnant destin. On sait que trois parmi les plus puissants souverains d’Occident ont pris la plume pour exiger sa sortie de prison: le comte de Savoie, le pape et l’empereur du Saint Empire. Quel crime avait donc commis ce médecin? Et surtout, pour quelles raisons les puissants se sont-ils inquiétés de son sort? Ce roman historique nous emmène sur les traces d’un héros de la quête de liberté des communes nichées au carrefour des cols alpins.
« 1352 – Un médecin contre la tyrannie« , récit de Philippe Favre publié en 2014 par les Editions Favre à Lausanne.