Chronique archéologique 2003

Cahiers d’archéologie fribourgeoise
Chronique archéologique 2003

Bossonnens – Château

Fouille de sauvetage non programmée (mise en valeur des ruines)
Bibliographie:
Ivan Andrey, Le château et le bourg de Bossonnens au Moyen Age, Fribourg 1985.

Depuis 1996 des travaux de restauration ont été entrepris sur les ruines du château et du bourg de Bossonnens sous l’égide de l’Association pour la mise en valeur des vestiges médiévaux de Bossonnens. Compte tenu de la faible emprise ou de l’absence d’emprise dans le sous-sol, le SAEF s’était limité à un suivi ponctuel des travaux après en avoir étudié et approuvé les objectifs. Au printemps 2003, la vidange sauvage du donjon au moyen d’une pelle mécanique a impliqué une intervention urgente.
Le donjon carré, de 10 m de côté, fait partie d’un ensemble de murs et de bâtiments érigés en gros blocs de poudingue extraits sur place avec des coins de bois. Le donjon, placé au sud, commandait l’un des accès au bourg. II est lié à un mur d’enceinte qui se poursuit au nord-nord-ouest sur 30 mètres de longueur et protège une vaste construction de 15 m par 20 m accolée au donjon, laquelle correspond manifestement au corps de logis. A l’intérieur du donjon, un sondage manuel pratiqué à la base de l’excavation mécanique n’a pas permis d’atteindre le sol primitif, mais seulement une épaisse couche d’incendie, celui de 1475 probablement. Les maçonneries «cyclopéennes» de cette partie de Bossonnens sont si particulières qu’elles ne constituent pas un élément de datation. Seuls le plan de l’ouvrage et les données historiques permettent de situer la construction de cet ensemble à la fin du XIIIe siècle. Par contre, l’observation des traces de débitage des blocs, avec leurs encoches pour l’insertion des coins de bois apportent la certitude que les deux blocs de poudingue situés à proximité du bourg, dans le bois, ne sont pas des pierres à cupules d’origine pré- ou protohistorique, mais simplement des blocs que l’on s’est apprêté à débiter au Moyen Age, en laissant ces encoches pour y loger un coin de bois. Si cette explication est plus prosaïque que les précédentes, elle met en évidence la maîtrise des carriers d’alors pour débiter une pierre dure avec des moyens simples: du bois et de l’eau.
Une fouille-école a été mise sur pied en 2004 pour apporter des précisions sur ce château à l’architecture si particulière et sur son bourg.

Gilles Bourgarel