2. Les royaumes et l’Abbaye de Saint-Maurice

Les possessions royales

Dès le milieu du sixième siècle, nos régions se rattachaient au premier royaume burgonde, annexée par les Mérovingiens, puis au deuxième, qui entra dans le domaine de Charlemagne. Il est certain, toutefois, que les trois anciennes communautés alémanes constituèrent dès lors une seule et même entité politique, puisqu’elles connurent un sort commun durant la deuxième moitié du millénaire.

Converties au christianisme vers l’an 600, par les prédications du moine irlandais Colomban et de ses disciples, les populations jadis “barbares” d’Attalens, Bossonnens et Remaufens et celles de Vuarat, Tatroz, Granges, Ecoteaux et Maracon, villages qui s’étaient développés sur leurs territoires, avaient été réunies au sein d’une même paroisse: “l’église d’Attalens et ses appartenances”.

Au partage de Verdun, en 843, Elle est incluse à la part du petit-fils de Charlemagne, Lothaire 1er. A la mort de celui-ci, son fils Lothaire II hérite d’un royaume amputé de l’Italie et qui, de ce côté-ci du Rhin, s’arrêtait à la Lorraine actuelle. Mais, bien qu’éloignée d’au moins quarante lieues, l’enclave fermée par le Mont Pèlerin, le Mont Vuarat et la Broye torrentueuse en faisait encore partie.

Au cours de son règne, Lothaire II avait répudié sa femme Theuteberge, dont il n’avait pas eu d’enfant, pour épouser Waldrade. Il fut condamné par le pape à se séparer de cette deuxième épouse et à revenir à la première. Dans le dessein de se faire pardonner, il remit son enclave du sud à Theuteberge qui en fit don à l’Abbaye d’Agaune, en l’an 869.

La suzeraineté de l’Abbaye.

Les Chanoines de Saint Maurice disposaient de l’église d’Attalens et de ses ressources et il n’est pas exclu qu’ils aient érigé d’autres oratoires dans les villages qui manifestèrent plus tard un attachement particulier à leur lieu de culte, Bossonnens, Remaufens et Ecoteaux.

Fondée par le roi Sigismond, trois siècles plus tôt, l’Abbaye ne dépendait d’aucun dynaste féodal. Ses possessions étaient des francs-alleux. Bossonnens conserva ce privilège jusqu’à la vente de la seigneurie, en 1513, vingt-trois ans avant son rattachement à Fribourg.

3. L’époque féodale