Chronique archéologique 2009

Cahiers d’archéologie fribourgeoise
Chronique archéologique 2009

Bossonnens – Château

Fouille-école
Bibliographie:
AAS 92. 2009, 321-322 et CAF 11, 2009, 213, avec références antérieures.

Depuis 2004, le Service archéologique de l’Etat de Fribourg accompagne, dans le cadre d’une fouille-école effectuée en collaboration avec les universités de Fribourg et Neuchâtel, les travaux de consolidation mis en œuvre dans les ruines du château de Bossonnens par l’Association pour la mise en valeur des vestiges médiévaux de Bossonnens.

La campagne de 2009 s’est concentrée sur la partie centrale du château, plus précisément sur la zone qui jouxte, au nord, la rampe en forme de plateforme (voir à ce propos les campagnes 2004, 2005 et 2008). Cette fouille de surface avait pour but de compléter et vérifier les observations faites durant les sondages. Les recherches menées jusqu’ici ont donné les résultats suivants, toujours provisoires. En plusieurs endroits, la roche montre des traces de rubéfaction dont l’origine ne s’explique pour l’instant pas. Au-dessus d’un premier niveau médiéval qui reste encore énigmatique, on trouve les déblais de la phase suivante qui a livré, entre autres, les vestiges d’une maison jumelée dont subsistent le mur mitoyen pare-feu et la façade orientale avec une ouverture pour une porte et son seuil (épaisseur des murs: 75 cm). Une monnaie de l’évêché de Lausanne (1275-1375) permet de faire remonter probablement au XIVe siècle la construction de ce bâtiment. Après un incendie qui a laissé de fortes traces, des travaux de plus grande envergure ont été effectués, et notamment, dans la partie sud du bâtiment, le percement d’une nouvelle porte au rez-de-chaussée et l’installation d’un nouvel escalier permettant d’accéder à l’étage supérieur. Viennent ensuite une première phase de démolition, nettement visible, qui s’achève par la construction de la rampe moderne, puis d’autres couches de démolition se succédant jusqu’à l’état actuel.
Une seconde intervention a touché le mur d’enceinte occidental du bourg, à savoir un tronçon consolidé avant 2004 sans suivi scientifique, dans lequel se chevauchaient clairement trois différents éléments de construction. L’objectif était de clarifier, autant que faire se pouvait encore, la succession chronologique des parties construites d’origine. Le sondage a montré qu’un mur massif avait été érigé devant le premier mur d’enceinte. Le mur constitué de gros blocs de pierre appelé «mégalithique» et la tour quadrangulaire qui s’y appuie au sud – on ne sait pas si elle a été élevée encore avant l’incendie mentionné plus haut – ont ensuite été construits. Quant à la rampe moderne, elle constitue le dernier élément architectural aménagé à cet endroit Les fouilles se poursuivront en 2010.

Christian Kundig, Gabrielle Graenert