Chronique archéologique 2004

Cahiers d’archéologie fribourgeoise
Chronique archéologique 2004

Bossonnens – Château

Fouille programmée
Bibliographie:
Ivan Andrey, Le château et le bourg de Bossonnens au Moyen Age, Fribourg 1985; Heribert Reiners, Burgen und Schlösser des Kantons Freiburg I, Basel 1937, 36-38; Bernard de Vevey, Châteaux et maisons fortes du canton de Fribourg, Fribourg 1978, 47-51.

Depuis 1996, des travaux de restauration ont été entrepris sur les ruines du château et du bourg de Bossonnens, sous l’égide de l’Association pour la mise en valeur des vestiges médiévaux. En 2003, la vidange sauvage d’une grande partie du donjon et le projet de mise en valeur des ruines du bourg ont amené le SAEF à mettre sur pied une première campagne de fouille-école avec les universités de Berne, Fribourg et Neuchâtel
En plus de la formation des étudiants et de la documentation des vestiges touchés par les travaux, les investigations entreprises en 2004 avaient pour but de définir l’état de conservation des couches et des vestiges archéologiques afin de programmer la suite des campagnes de fouille qui devront amener une meilleure connaissance de l’histoire du site pour trancher, entre autres, la lancinante question des origines du château et de celles du bourg attenant. En effet, le nom de Bossonnens apparaît pour la première fois vers l’an 1000, mais les termes de château (castrum) ou de bourg (burgum), n’apparaissent qu’au début du XIVe siècle. Seules des recherches archéologiques pourront donc préciser ce qui a pu se passer entre ces deux périodes.
Dans la partie castrale, une tranchée transversale a été ouverte au nord du donjon carré, où les investigations initiées en 2003 se sont poursuivies. Elle a révélé que ce qui semblait être un corps de logis n’était en fait qu’une plate-forme établie à l’époque moderne et constituée avec des blocs provenant de la tour. Sous cette terrasse sont apparus des éléments médiévaux: à l’ouest, un niveau de pavage, et à l’est, un mur qui retenait les remblais, vestige du probable corps de logis qui flanquait le donjon. Celui-ci n’a livré que des bois carbonisés, dont la datation révèle un incendie qui a pu être daté après 1512 (Réf. LRD05/ R5604) et non pas de 1475, comme le laissaient supposer les sources historiques. La vidange à la pelle mécanique de 2003 ne permettra manifestement plus de connaître la période d’abandon de ce donjon, dont la date de construction reste à établir.
Dans le bourg, la meilleure visibilité des vestiges a permis l’ouverture d’un secteur de fouille dans une des maisons contiguës implantées perpendiculairement au chemin. La bâtisse de 11 m par 5 m prend appui sur l’enceinte et est subdivisée en deux pièces de longueurs inégales. Elle a subi des transformations avant son abandon au XVIe ou au XVIIe siècle, mais elle n’a encore livré aucun élément pour affiner la date de sa construction, dans le courant du XIIIe siècle.
Les prochaines campagnes vont donc porter, dans la partie castrale, sur la suite de l’exploration du donjon, pour en préciser si possible la date de construction, et sur le repérage et l’identification des autres bâtiments. Dans le bourg, le dégagement des bâtiments accessibles va se poursuivre pour mieux en comprendre la genèse et l’organisation. Enfin, des sondages devraient également toucher les défenses périphériques ainsi que les portes du bourg et du château.

Christian Kundig, Gilles Bourgarel

 

Fouille 2004