Les Chapelles

La Chapelle du château et la tour sud, sur un plan de 1701.
La Chapelle du château et la tour sud (tout à droite de l’image), sur un plan de 1701.
Plan inachevé ou constat de la ruine totale du château et du bourg ?

Les fouilles effectuées au château n’ont pas encore permis de retrouver les traces de la chapelle régulièrement citée dans les archives et les chroniques. L’emplacement d’une autre chapelle, extra-muros et plus ancienne, est lui aussi hypothétique.

St-Claude

La plus ancienne est mentionnée pour la première fois en 1221, sur la grand’route qui monte vers le sud. Elle est construite par les moines du chapitre du Grand-St-Bernard sur l’antique voie romaine qui, passant par leur Hospice, conduisait les légions et les marchands vers les garnisons du nord. Il n’en reste aucune trace.

En 1358, Catherine d’Aubonne, épouse du seigneur Jean II d’Attalens, crée une fondation pour la chapelle dédiée à St-Claude à proximité du château de Bossonnens. Son chapelain devra aussi officier à la chapelle du château, une fois par semaine.

En 1403, Marguerite d’Oron, Dame de Bossonnens, assure une rente à la chapelle de St-Claude. La chapelle construite selon sa volonté est dédiée à St-Claude confesseur, St-Michel archange et Ste-Catherine, vierge et martyre. Il pourrait s’agir d’une rénovation de la chapelle précédente, sans doute située à l’endroit qui s’appelle encore St-Claude, à droite de la route qui monte vers Attalens.

Dès 1536, après les périodes Oron, La Sarra et Savoie, c’est la juridiction fribourgeoise qui prévaut à Bossonnens, mais les autorités ecclésiastiques tentent d’acquérir des droits sur les édifices religieux édifiés par les seigneurs locaux. En 1682 la prévôté de St-Nicolas (Fribourg) obtient les deux chapelles, St-Claude et St-André (château).

St-André

La fondation de la chapelle St-Claude citée ci-dessus en 1358 atteste aussi de l’existence d’une chapelle au château, qui existe donc déjà avant cette date.

En 1375, le testament d’Aymon II de Bossonnens cite la chapelle du château et deux chapelains à qui il lègue une maison du bourg (sise à côté du four).

En 1399, Marguerite d’Oron, établit une rente au profit des deux chapelains du château.

Comme St-Claude, St-André passe aux mains de Fribourg en 1536, puis du Prévôt de St-Nicolas en 1682. A cette date, le bourg est mort et le site du château en ruine est en main privée depuis plus de 60 ans.

Mort et résurrection

En prenant prétexte de la situation déplorable de la chapelle, perdue au milieu des ruines, dépouillée de ses ornements et objets liturgiques, le Prévôt transfert les messes à Attalens. Les villageois de Bossonnens se plaignent à Fribourg et en 1711 l’Etat exige du Prévôt qu’il remette en état la chapelle. En 1714, rien n’a encore été fait. En 1715, de nouvelles dispositions sont prises, impliquant les villageois, le Prévôt et le Conseil d’État, sous la supervision de l’Évêque de Lausanne. Un vicaire établi à Attalens desservira la chapelle du château. Le Prévôt s’engage à réparer la chapelle, avec les matériaux prélevés à St-Claude, profanée depuis de longues années. Mais c’est les villageois qui seront responsables de l’entretien de la chapelle, avec un subside du Prévôt.

Il semblerait que les promesses du Prévôt n’aient pas été tenues, car les gens de Bossonnens, nouvellement responsables de l’entretien obtiennent le feu vert et une aide du gouvernement de Fribourg pour la construction d’une nouvelle chapelle au village ! Elle sera dotée de la cloche de St-Claude.

Mais cette nouvelle chapelle édifiée en 1716 n’est pas du goût du Prévôt, laissé à l’écart du projet. Il refuse la célébration des quatre messes hebdomadaires dues à Bossonnens. C’est finalement l’Évêque qui ordonnera le maintien des messes dominicales et pour les jours de fête. Le curé d’Attalens peina toutefois à remplir cette mission. Ce n’est qu’en 1899 que la Chapellenie de Bossonnens fût pleinement rétablie par l’Évêque, grâce aux testaments de l’abbé Pierre Cottet et du chanoine Michel Cottet.

La nouvelle chapelle élevée en 1716 a reçu les cloches des deux anciennes. Elle est agrandie en 1838-40, puis en 1950. Enfin, en 1964-66, on élève un nouveau clocher et ajoute une troisième cloche.

La dernière intervention marquante est constituée par l’installation en 1987 d’un Chemin de Croix créé par Charles Cottet, qui résida et travailla de nombreuses années à quelques pas de la chapelle. Les 14 pièces, élaborées en technique mixte, céramique fer et laiton, sont disposées sur les deux murs de la nef.

Charles Cottet - Cemin de croix - 1987
Charles Cottet – 1987 – Chemin de Croix, 4ème station. Jésus rencontre sa mère.
En collaboration avec le céramiste Yves Leroy.