Chemin de Croix créé en 1987 par Charles Cottet (1924-1987)
pour la chapelle de Bossonnens

 
Mur gauche 12ème station - Jésus meurt sur la croix. Mur droite

Mur de gauche

Stations 1 à 7.

Lecture de droite à gauche,
de l'avant de la nef vers l'arrière.

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Dans la tradition catholique, le Chemin de Croix (Via Crucis) est un acte dévotionnel privé ou communautaire. Tout en commémorant la Passion du Christ en évoquant 14 moments particuliers de celle-ci, le fidèle souhaite recevoir la grâce de communier intensément aux souffrances du Christ. Le rituel classique consiste en un cheminement de station en station, ponctué par des prières, des méditations ou des chants.

Les sujets et l'ordre des stations de cette réalisation relèvent de la tradition ancienne, antérieure à la réforme opérée par SS le Pape Jeau-Paul II en 1991. Certains sont issus de la tradition et non rapportés dans les écrits bibliques canoniques.

En savoir plus sur Wikipedia Méditations avec le pape

Le bulletin communal Bosson'Info a publié deux articles consacré à Charles Cottet, originaire de la commune. Voici le texte qui évoque l'histoire de cet ensemble remarquable.

Ce chemin de croix était une initiative du peintre qui voulait décorer la chapelle où il aimait se rendre pour se ressourcer. Première idée : dessiner des vitraux. Ce projet ne tenait pas compte des vitrages préexistants et dessinés par Émile Aebischer dit Yoki, le peintre fribourgeois, auteur de Saint-André, la fresque qui orne le maître-autel. En outre, ces vitraux avaient été offerts par les Bossel, un couple de Bossonnensois. Les esquisses serviront à décorer l'église d'Ursy. Autre proposition : peindre la rambarde de la tribune, mais les dimensions du parapet rendait le projet peu attrayant. De fil en aiguille, l'idée d'un chemin de croix s'est imposée. Pas un chemin de croix comme celui que le peintre avait déjà réalisé à la chapelle de Notre-Dame du Chêne à Attalens, mais un chemin de croix « en dur », dans un rendu plus dépouillé…

Sacré travail, d'autant plus que ses jours sont comptés, et l'artiste le sait qui ne terminera pas son œuvre. Le chemin de croix, c'est le sien. Sacré travail car Charly Cottet a besoin d'aide pour réaliser son chemin de croix en technique mixte. C'est l'un de ses anciens élèves, Yves Leroy alors céramiste à Fully, qui se met au travail et achève l'œuvre. Charly Cottet n'en verra que les premières pièces.

Trois matériaux sont utilisés dans chacune des 14 sculptures : acier, céramique et laiton. L'acier aux couleurs chatoyantes, changeantes selon l'angle de vue : verdoré, jaune ou azuré… Le laiton, aux tons mordorés, évoque tantôt le bassin dans lequel Ponce Pilate se lave les mains (station 1), tantôt l'auréole qui entoure la tête des saints dans l'iconographie religieuse. Reste la céramique anthracite, sombre comme la terre dont elle est faite ; c'est là que transparaît à la fois le moi intime du peintre et le sujet représenté et désigné par la station. Que peuvent se dire une mère et son fils condamné à mort (station 4) ? Á chacun de méditer devant ou sous les différentes sculptures. Les traits y sont épurés, certains sont à peine esquissés, d'autres au contraire balafrent tout l'ouvrage.

Charly Cottet meurt le 4 septembre 1987, le chemin de croix commandé par la commune n'est pas terminé. Ce n'est que l'année suivante que les 14 stations — ou plus exactement les 15 — arrivent à Bossonnens. En effet, la quatrième station — Jésus rencontre sa mère — existe en double ! Comment financer cette opération estimée à 30 000 francs sans puiser dans la caisse communale. Le syndic de l'époque, Paul Bochud qui avait déjà convaincu le conseil communal d'acquérir cette œuvre, s'y emploie. Il obtient une subvention de la Loterie Romande et lance une souscription publique qui rencontre un vif succès. Par ailleurs, l'assemblée communale du 26 avril 1988 vote à l'unanimité un crédit pour repeindre la chapelle : le gris-bleu des murs se mariera avec le vieux-rose du plafond. Des électriciens installent des projecteurs afin de mettre en valeur les couleurs sombres du chemin de croix. Après un mois de fermeture de l'oratoire, cette œuvre sera bénie lors de l'office du 27 novembre 1988, jour de Saint André, patron de la chapelle.

Henri André, Bosson'Info N° 69, Septembre 2017.


Deux tableaux plus anciens de Charles Cottet, acquis par la commune, sont également installées à l'avant de la nef, à côté des autels latéraux à gauche et à droite. Ils présentent Marie, en Madone et en Vierge de Lourdes. La peinture murale du choeur représentant Saint André, patron de la chapelle, est l'œuvre de Yoki Aebischer (1922-2012).

Un premier Chemin de Croix, réalisé en 1959, est installé dans la Chapelle du Chêne à Attalens. Cette première œuvre est gravée et peinte sur du bois très humble provenant des cageots usagés de l'épicerie familiale.

Mur de droite

Stations 8 à 14.

Lecture de droite à gauche,
du fond de la chapelle vers le chœur.

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"Charles Cottet apparaît comme le ténor de la peinture fribourgeoise du XXe siècle."

Christophe Flubacher, Les peintres fribourgeois, Editions Favre - 2012

Site consacré à Charles Cottet